Nadine Oliveira, conductrice d’autobus scolaire, entre déni et dévastation – .

Nadine Oliveira, conductrice d’autobus scolaire, entre déni et dévastation – .
Nadine Oliveira, conductrice d’autobus scolaire, entre déni et dévastation – .
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Accusée du terrible accident survenu le 14 décembre 2017 à Millas qui a coûté la vie à six écoliers et gravement blessé dix-sept autres, Nadine Oliveira, 53 ans, conductrice d’autobus scolaire, comparaîtra seule devant ses juges du 19 septembre au 7 octobre à Marseille. Pour la première fois, l’accusé devra affronter les regards et les témoignages de familles endeuillées, ainsi que d’enfants meurtris à vie.

Entre déni et déni. Jusqu’à la dernière minute avant l’ouverture du procès, Nadine Oliveira, poursuivie pour homicide involontaire et blessures involontaires pour imprudence et négligence, n’a pas changé sa version initiale : les barrières avaient été levées, la responsabilité de ce terrible accident ne lui incomberait pas. .“C’est la faute à la SNCF”. Dès sa première audition lors de sa garde à vue servie à l’hôpital de Perpignan dans une chambre spéciale aménagée en cellule, la conductrice déclare : “Ce que je peux vous dire, c’est qu’il n’y avait rien ce jour-là, ni lumières ni barrières”. Devant le psychiatre qui l’examine trois semaines plus tard, elle répète “La barrière était ouverte, c’est gravé dans ma mémoire, le reste ce sont les conclusions des experts. Je fais ce trajet six fois par jour, je sais, il n’y a jamais eu de train.”

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Il affirme également qu’aucune voiture n’a été arrêtée de l’autre côté de l’intersection. Pourtant, l’enquête est formelle, il y avait trois véhicules arrêtés devant elle, devant la voie ferrée. A partir de ce moment, c’est le trou noir. Nadine Oliviera ne se souvient pas de la frayeur, elle affirme avoir repris connaissance au sol, grièvement blessée. « Ses mains étaient pleines de sang. J’avais mal, j’ai entendu des cris, j’ai vu un enfant par terre et beaucoup de monde partout. J’ai vu le bus éventré, sans comprendre que c’était mon bus”.

J’ai repris connaissance, mes mains étaient pleines de sang.

Le psychiatre informe l’accusé “un grand déni de réalité”. Ce mécanisme d’évitement s’accompagne “par l’absence de sentiment de culpabilité”. Nadine Oliveira lui apparaît “Sur la défensive”et dans une posture “persécution”. Une attitude qui lui sert inconsciemment à se protéger face à la réalité de la mort de six enfants. Et pour ne pas alourdir un destin qu’elle a toujours évoqué comme “tragique”.

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Décrite comme une femme intelligente, cette Toulousaine de 53 ans a grandi avec deux frères plus jeunes. Mais c’est surtout son père dont elle est restée très proche à cette époque. En 2009, atteinte d’un cancer dû à l’amiante, elle descend des Alpes à Perpignan pour s’installer dans sa maison. Une mère célibataire, abandonnée par le père de son enfant pendant sa grossesse, emmène sa fille unique avec elle. Mais l’état de santé du père s’est rapidement aggravé, il est hospitalisé en centre de repos, puis en maison de retraite où il décède deux semaines après son arrivée : le 14 décembre 2009. Neuf ans avant le drame.

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Incapable, semble-t-il, de se remettre de cette disparition, il souffre d’insomnie et se met à prescrire un somnifère. Le traitement a une durée prévue d’un mois, maximum trois, il ne sera jamais interrompu. Un temps suspecté d’avoir pu altérer sa vigilance au volant du bus, la prise de ce médicament et ses effets secondaires ont finalement été écartés lors de l’enquête.

Un collègue sérieux et consciencieux.

Professionnellement, ce quinquagénaire titulaire d’un BTS en gestion et commerce obtient sans difficulté de multiples formations mais peine à obtenir ou à conserver un poste. Elle exerce une série d’emplois en comptabilité, en télécommunications, dans les professions de la santé et comme travailleuse saisonnière. En 2009, il a commencé à apprendre à conduire des bus. Il l’obtient et signe un contrat à durée indéterminée en novembre 2016 avec la société de transport de Perpignan FAUR. Représentée par ses divers collègues comme une personne « de caractère, plus à l’aise dans les milieux professionnels masculins, sérieux et consciencieux, plutôt enjoué et vif »ajoute sa mère Andrea. « Avant chaque nouveau voyage, elle prenait sa propre voiture pour en faire le tour afin de détecter les moindres difficultés. Ma fille en était presque obsédée.”, précise le septuagénaire refusant de croire à la culpabilité de Nadine Oliveira. Qui n’aurait pas changé d’humeur et continue de nier sa responsabilité.

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Votre avocat, Me Jean Codognès qui le dit “obsédé par l’accident et totalement dévasté”, s’apprête également à plaider la relaxe de son client, qui sera assisté d’un psychologue tout au long de l’audience. Sous traitement antidépresseur, besoin de vos conseils, « Elle est prête à donner ses explications à la justice, appuyées sur les faits par des spécialistes. A son malheur s’ajoute un attachement un peu démesuré à ces enfants qu’il a bien connus. Il est devenu l’ombre de lui-même.

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